"It's Alive!"

Vidéos et installations : Faire vivre le monstre.

A ses débuts, Mary Sue s'est beaucoup suicidée, pour de faux, mais aussi pour de vrai. Ce n'était alors qu'une fille de papier aux couleurs flashy.Puis elle s'est forgé le caractère jusqu'à devenir ce personnage à la fois caractéristique et changeant qui varie en taille et en âge au gré des péripéties de l'image animée. 

Puis elle s'est forgé le caractère jusqu'à devenir ce personnage à la fois caractéristique et changeant qui varie en taille et en âge au gré des péripéties de l'image animée.Ses avatars la rapprochent tantôt de la réalité vivante, tantôt des figures de fanzines dont elle est clairement l'héritière. Bien qu'elle tienne évidemment de Betty Boop, elle n'appartient déjà plus à la génération des héros de comic strips mais à celle des mangas et des comikets.(Avec ses tendances mal dissimulée à une sexualité infantilisée et sadique, l'imagerie japonaise a une influence indéniable sur l'existence des nouvelles héroïnes féminines). 


"Mary Sue n'est pas un pur produit vidéo, c'est le fruit d'une pratique hybride, artisanale, dominée par la volonté de tout maîtriser, de ne rien laisser au hasard de l'artifice parfait et complet. Un travail home made. Chacune de ses apparitions s'annonce par quelques dessins préalables très précis qui permettent de définir ce que sera le vidéogramme."  


Panurge
Vue de l'installation vidéo, mixed media
Sculptures en résine vernies
Vidéo SD diffusée sur écran plat encadré
2005

Viennent ensuite l'élaboration des volumes, des accessoires et des costumes qui pourront parfois, au delà du tournage, subsister en installation voire en sculpture.Le tournage proprement dit s'exécute en quelques heures, toujours en lieu clos, à la façon d'une photographie de mode, devant un cyclo d'incrustation. Chaque pièce résulte d'un unique plan fixe, d'une seule prise, sans cut et sans montage.
L'enregistrement numérique élimine toute profondeur de champ, tous les plans sont nets, équivalents. La balance des couleurs, comme celle des lumières, est équilibrée. L'image est ainsi composée de façon très plate, afin que chaque élément ultérieurement ajouté puisse s'y insèrer, décor, personnage et accessoires ramenés au même plan, indissociables.Vient ensuite l'étape décisive du travail au clavier. A partir d'un portrait schématisé, d'une prise de vue, la scène se construit par adjonction d'éléments que le computer anime. Mary Sue est donc constamment au centre du dispositif. Cette position est symptomatique de son rapport au monde.  

Par définition le regardeur, voyeur, est hors champ. Pour Mary Sue tout le monde extérieur est hors-champ. Son personnage est le foyer d'une convergence, en plongée ou en contre-plongée, des regards, et des hommages plus ou moins humides qu'elle suscite. La solitude de Mary Sue face au monde et à ses humeurs est celle de toutes les stars domestiques. Elle vit de petites aventures, accomplit de petites prouesses, éprouve de petites illuminations.


Monter les blancs
Vidéo performance, SD vidéo, son stéréo,  2'06", 2001

Tantôt la trame est narrative et déroule un court épisode qui se rejoue comme mécaniquement. Tantôt le vidéogramme ne se fonde que sur une simple image animée, inlassablement répétée sans qu'aucun raccord ne soit décelable. C'est ainsi que se crée une pseudo performance. Par la vertu de la mise en boucle, cha cune de ses pièces est virtuellement illimitée dans le temps.
Il arrive également que le passage par la caméra ne soit qu'une étape transitoire et que la travail débouche à nouveau sur une finalisation photographique, toujours traitée en aplats saturés. Tous les sons, bricolés comme le décor, indépendants de la prise de vue, sont des produits de mixage. Ils sont pensés et réglés pour interférer, s'entrecroiser, en prévision d'une installation potentielle, dans laquelle tous les vidéo projections peuvent être présentées simultanément dans un même espace. Ainsi chacune de ses pièces, bien évidemment autonome, peut trouver sa place dans un tout. 


Lollycon
Exposition personnelle
Vue de l'installation vidéo,
 Noire Gallery, Torino, 2006

Les variations d'âge et de postures n'altèrent en rien le caractère de Mary Sue. Sa ligne de conduite ne dévie guère. Brave petite fille courageuse, qui ne manque pas de cran, elle affronte les situations scabreuses avec une vaillance digne d'estime. Qu'elle provoque ou qu'elle supporte - qui aurait le droit d'en juger ? - elle en subit les avanies avec une candeur qui tient parfois de la surprise douloureuse, mais le plus souvent de la satisfaction. On pourrait tout de même remarquer qu'elle aime jouer à l'écolière, que dans sa vie les moments de fête sont plus particulièrement cruciaux et qu'il y a dans la passivité satisfaite du personnage quelque chose d'ébréché. Il lui arrive encore de temps en temps de jouer avec la mort, mais c'est juste pour vérifier si le vol d'une mouche est conforme aux lois d'Euclide.  

"Quoi qu'il en soit, elle a toujours l'air de prendre les choses par dessus (ou plutôt par dessous) la jambe."  


Pinou
Vidéo installation mixed media
Vue de l'exposition collective  Vraoum, Trésors de la bande dessinée et art contemporain, Maison Rouge, Paris, 2009

Mary Sue est un jeu dans le jeu. C'est pour cela que son personnage n'est pas vraiment naïf. Le fait qu'elle se mette elle-même en scène évacue toute ambiguïté sur le regard distancié qu'elle pose sur sa propre condition. De sa période fille de papier, elle a gardé le goût des couleurs saturées, une prédilection pour l'accessoire, pour la mise en scène et pour la pose.
De ses précoces épreuves elle est revenue avec cette distance qui caractérise sa génération et notre époque : elle n'a pas l'esprit de sérieux, elle est doucement acide. Elle ne fustige pas, elle épingle, elle ne dénonce pas, elle se contente de donner à voir.  


Hubert Besacier, 2003


Exercice de style
Installation vidéo mixed media
SD vidéo, son stéréo, bureau et chaise d'école, 3'28", 2006


Revelation
Vidéo performance pour écran plat, HD, son stéréo, 8'03", 2017


Olé Olé
SD vidéo performance, carrée, son stéréo, 7'50", 2006


Western
SD vidéo 16/9, son stéréo, 2'13", 2002


Saglice / Ken parc
SD vidéo installation, son stéréo, mixed media
Lapins mécaniques déclenchés par capteurs de présence 9'31", 2006


Ken parc
(détail), SD vidéo installation, son stéréo, mixed media
Lapins mécaniques déclenchés par capteurs de présence 9'31", 2006


Le supplice de la bonne élève
Vidéo performance, HD, son stéréo, 10'26", 2011


Bee in love
SD vidéo performance, 4'01", 2008


Close up
Installation vidéo performance, mixed media photo/vidéo
Photos sous verre blindé brisé, 23'26", vidéo durée illimitée, 2010


Supasups
SD vidéo performance, son stéréo 43'26", 2010

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